Prix Cluny 2020

Festakt zum 73. Geburtstag der DFG Cluny e.V. Hamburg

  • Samstag, 28. November 2020, 17.00 Uhr
  • Aula des Oberstufenhauses des Helene-Lange-Gymnasiums, Bogenstraße 59, 20253 Hamburg

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PROGRAMM

Musikalisches Einleitung: Philipp Engeli

Begrüßung:

Holger Müller, Schulleiter des Helene-Lange-Gymnasiums

Irène Drexel-Andrieu, Vorsitzende der DFG Cluny e.V. Hamburg

Musikalisches Zwischenspiel: Berenike Baerwind

Grußwort:

Dr. Melanie Leonhard, Senatorin für Arbeit, Gesundheit, Soziales, Familie und Integration

Tristan Fabiani-Pradeilles, Generalkonsul der Französischen Republik in Hamburg

Musikalisches Zwischenspiel: Philipp Engeli

Präsentation der Preisträger*innen des Prix Cluny 2020: Christine Heusinger, Fachreferentin Französisch, Behörde für Schule und Berufsbildung

Übergabe des Prix Cluny 2020

Musikalisches Ausklang: Berenike Baerwind

Empfang

Verbindliche Anmeldung per Mail oder Telefon

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Einladung zu einem herbstlichen Beisammensein der Damen von Cluny Matinée

  • am 11. November 2020 um / ab 14:30 Uhr
  • in das Café THE CUBE,
  • Ferdinandstor 1 · 20095 Hamburg, in der Kunsthalle der Moderne

(Parkmöglichkeit im Parkhaus direkt darunter).

Gemeinsam wollen wir die  “ besinnliche “ Zeit einläuten und uns auf die vielen kommenden  Feiern, Veranstaltungen, Ereignisse, Zusammenkünfte im Advent und in der Weihnachtszeit freuen.

Im Restaurant / Café  THE CUBE haben wir die Möglichkeit mit bis zu 25 Personen abgeschirmt à la carte zu speisen und nach den geltenden AHA Bedingungen miteinander die Zeit zu verbringen.

Ich wünsche uns allen eine grosse Vorfreude et à bientôt

Annegret

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Anmeldungen bitte an Annegret Fascher

Annegret-Fascher@gmx.de

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Begegnung mit Géraldine Schwarz

Die Journalistin und Autorin von «Les amnésiques» („Die Gedächtnislosen“) im Gespräch mit Irène Drexel-Andrieu

Nach 1945 ließen die Traumata der Kriege, des ideologischen Fanatismus und des Holocaust einen neuen Ehrgeiz in Europa entstehen, nämlich aus der Geschichte zu lernen. Haben wir es geschafft?

Deutschland hat eine solide Demokratie auf einer Erinnerungsarbeit aufgebaut, die auf das individuelle und kollektive Verantwortungsbewusstsein der Bürger ausgerichtet ist. Aber das Errungene ist nicht selbstverständlich von Dauer. Andere Länder – wie Frankreich – haben die Gelegenheit aus der Vergangenheit zu lernen nicht ausreichend genutzt, um ein demokratisches Empfinden in ihrer Gesellschaft zu verankern.

Angesichts des Aufstiegs populistischer Parteien, die die Geschichte für politische Zwecke instrumentalisieren, ist es dringend notwendig, die Erinnerungsarbeit zu überdenken, um die Herausforderungen des 21. Jahrhunderts bewältigen zu können. Ein transnationaler und europäischer Ansatz könnte der Schlüssel dazu sein.

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Am Montag, den 2. November 2020, um 19:00 Uhr, im Gymnasium ALLEE, Max-Brauer-Allee 83-85, 22765  Hamburg

Die Veranstaltung findet in deutscher Sprache statt.

Erforderliche Anmeldung in der Geschäftstelle

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MARION BRUNET, lauréate 2019 de CL : L’ÉTÉ CIRCULAIRE, 2018

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Cluny Lectures n’a pas pu accueillir sa lauréate 2019, Marion Brunet, pour cause de pandémie. Bien qu’un compte rendu ne puisse pas remplacer le plaisir d’une rencontre, nous avons choisi de vous présenter son roman, L’Été circulaire, sur le Bulletin.

Puisque ce roman[1] a gagné le Grand prix de littérature policière 2018, je ne dévoilerai pas l’action afin de ne pas vous gâcher le plaisir de lecture. Je concentrerai mon attention sur le lieu, l’époque et les personnages.

Marion Brunet s’est d’abord fait connaître sur la scène littéraire comme auteure de littérature d’enfance et de jeunesse[2]. En 2013, elle publie son premier roman destiné aux adolescents, Frangine[3]. Les suivants décrivent aussi sans tabou des adolescents confrontés à des problématiques sociales. Sa dernière publication, Sans Foi ni loi, parue en 2019, revisite les codes du western autour d’un personnage de femme hors-la-loi. Il obtient la Pépite d’or 2019 du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil.

Quoique L’Été circulaire soit le premier roman pour adultes de l’auteure, il présente une continuité avec ses œuvres précédentes. Ses héroïnes en sont deux adolescentes. Les critiques adolescent(e)s ont salué ce roman avec enthousiasme. Vous noterez au passage la jeunesse d’esprit des membres de Cluny Lectures…

Grand Prix de littérature policière 2018 : L’Été circulaire inclut effectivement un meurtre et le passage de quelques policiers, mais le propos de Marion Brunet est de nous brosser le portrait de la population d’une petite ville du Vaucluse (Cavaillon[4], cf. infra), du Lubéron, région célèbre pour ses maisons secondaires restaurées par de riches parisiens et Anglais [5], pour être exacts par des artisans locaux, dont Manuel, le père des deux héroïnes et Patrick, son meilleur copain.

Les héroïnes et leur famille : Céline a 16 ans, elle est enceinte et refuse de donner le nom du père de l’enfant. Céline ne fait que dupliquer l’histoire de sa mère, à la différence que Manuel a épousé Séverine. Manuel est Espagnol de deuxième génération et déteste les étrangers, ses propres origines incluses. Mais on trouve toujours plus mal lotis à mépriser : les gitans, les Arabes et les filles qui tombent enceintes. Après avoir été adulées comme filles faciles, elles deviennent vulnérables, donc facilement méprisables. Enfants comme parents s’adonnent à l’alcool et au sexe depuis l’âge de quatorze ans. Alors qu’ils sont déjà déclassés, la famille craint le déclassement social, présentement induit par la grossesse de Céline « fille mère ». La honte des parents va engendrer une escalade de violence qui n’est pas sans rappeler le film Dupont Lajoie[6].

Manuel gagne tout juste sa vie comme maçon. Séverine est femme à tout faire à l’école municipale, mère démissionnaire depuis longtemps. Le jour de l’accouchement, c’est Johanna, la sœur cadette, qui assistera la grande, les parents étant injoignables.

Ils ne sont pas pauvres mais tirent le diable par la queue. Ils envient la moindre miette de mieux vivre qu’ils voient autour d’eux, que ce soient les économies des beaux-parents, la voiture du jeune voisin arabe ou les riches vacanciers.

Le quotidien de la France d’en bas est fait de fêtes foraines, de virées au centre commercial, d’apéro entre voisins, de petits trafics et d’intrusions nocturnes dans les piscines des riches.

Le titre : Les ados comme les parents tournent en rond. « Circulaire » d’abord dans sa structure, l’action du roman débute par la fête foraine en juillet et se termine un an plus tard lors du retour de la même fête foraine. Circularité aussi du manque d’éducation, du poids de l’héritage familial conduisant, littéralement, à la reproduction sociale. La reproduction, biologique et sociale, va s’accomplir pour l’aînée. Le premier paragraphe du premier chapitre tire déjà la leçon de l’histoire qui va être racontée, celle de deux sœurs qui n’avaient « aucun moyen de gagner la partie […] vu qu’elles n’avaient pas écrit les règles. »

Le Lubéron, côté vacances, celui des vacanciers propriétaires de maisons secondaires, retraités américains, parisiens et autres ; celui des personnages de L’Été circulaire, c’est-à-dire de la population locale, c’est côté galère… Marion Brunet nous montre-t-elle le revers de la médaille ? Déconstruit-elle le mythe provençal ?  Nous peint-elle le tableau de la réalité de la France profonde ?

L’action se passe à Cavaillon et ses environs, dans le Vaucluse, département où est née en 1976 l’auteure qui vit présentement à Marseille. Le taux de pauvreté de Cavaillon[7] est l’un des plus élevés de France[8], nettement supérieur à celui de la moyenne nationale[9]. Les revenus de la population sont parmi les plus bas de France. Les conséquences politiques sont qu’aux élections nationales de 2017 Marine Le Pen a fait un score de 50,11% et que la majorité des sièges de l’administration municipale[10] va au Divers Droite (27 sièges) au Front national (6 sièges). Restent deux sièges pour l’Union de la Gauche.

Adultes comme enfants circulent entre Cavaillon, Gordes, Bonnieux. En fin de roman, Manuel a un chantier à Ménerbes, le village que Peter Mayle a rendu célèbre en y achetant son mas et en racontant de façon charmante ses déboiresavec les artisans locaux. Dans notre roman, les chantiers sont envisagés de la perspective inverse.

La Provence et son cortège de clichés si chers aux étrangers et aux parisiens : lavande, « les marchés typiques et l’accent si charmant », cigales, garrigue, pastis et vin rosé… Dans la famille de Céline et Johanna, on boit surtout de la bière. L’auteure plante le décor d’une France défigurée par les grandes enseignes, la décoration kitsch des intérieurs, les villes embouteillées par les voitures.

De nombreuses circonstances s’enchaînent. Le manque de moyens matériels entraîne le manque de distractions et de culture. Restent la fête foraine, l’alcool pour les adultes, toujours l’alcool et le cannabis en plus pour les jeunes, les séries télévisées, les virées au centre commercial ou les baignades clandestines dans les piscines des riches villas. L’abus d’alcool entraîne la violence verbale et physique.

L’action se passe à l’époque contemporaine. Je préfère insister sur la saison : l’été, siégeant souverainement dans le titre. « Cet été-là sera différent des autres, elles le savent […] mais elles continuent comme de rien, comme si l’été allait tenir ses promesses. […] Ce soir, elles fêtent le début de l’été et des emmerdes… » Cet été « circulaire » a commencé l’année précédente par un week-end de pique-nique et de plage, évoqué dans l’avant-dernier chapitre, L’été de ses quinze ans. L’enfant naîtra à la même saison, dans le chapitre nommé Pluie d’été.

L’été comme cadre temporel a assuré le succès de nombreux films ou romans : Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, La Gloire de mon père, Le Château de ma mère de Marcel Pagnol ou L’Été meurtrier[11]. Est-ce un hasard si les premières références qui viennent à l’esprit ont pour cadre la Provence et la Côte d’Azur ? Pour les adolescents, l’été est par excellence la saison de l’année où ils ont le temps et les occasions de faire des expériences, surtout celles qui les feront mûrir. « Ici, l’été, d’autres choses étaient permises », telles la nudité et la promiscuité des baignades, le torse nu des garçons. On peut « se battre pour se toucher », expérience sensuelle et licite des corps.

Jo repartira à l’école en septembre, Céline pas. Pour elle, c’est la fin définitive de l’été comme de l’enfance, comme le lui dit le gynécologue accoucheur « Vous avez l’âge d’avoir un enfant, alors c’est que vous n’en êtes plus une. »

L’action se concentre dans un tout petit monde, géographiquement et socialement. Les protagonistes se connaissent tous depuis l’enfance. Par manque de moyens et de curiosité, ils ne sortent pas de Cavaillon. Céline n’est allée qu’une fois à Avignon, en sortie scolaire. L’indigence matérielle conduit à l’indigence culturelle, qu’on soit Français de souche ou immigré. Les séries télévisées leurs fournissent les références socio-légales et culturelles ; les chansons populaires leur livrent le prénom du bébé.

Déçus par la vie qu’ils mènent, commencée trop tôt, déterminée biologiquement et socialement, incapables d’en porter les responsabilités, les adultes vivent à crédit, envient les autres. Les adolescents grandissent sans acquérir de maturité, désabusés. Ils ont déjà la nostalgie de leurs espoirs informulés.

Dans les romans de Marion Brunet émerge toujours un duo : deux copines[12] ou deux copains[13], un frère et une sœur[14], deux sœurs comme dans L’Été circulaire, qui font preuve d’une complicité / solidarité indéfectible. « Elles n’ont jamais été aussi proches et seules qu’en cet instant », celui de l’accouchement.

Puisque le roman est dédicacé à la sœur de l’auteure, il importe ici de continuer la biographie de Marion Brunet.

Après des études de lettres, elle a travaillé comme éducatrice spécialisée en foyer d’accueil pour enfants ; ensuite en psychiatrie dans un hôpital de jour pour adolescents. Elle anime des ateliers d’écriture au sein d’une compagnie théâtrale, des rencontres littéraires auprès de scolaires. Autant dire que spécialiste de la jeunesse, elle en a fait son thème de prédilection.

Céline n’a pas été formée à une sexualité adolescente mais directement confrontée au modèle adulte, celui de son milieu social qui ne définit une femme que par rapport aux hommes. Elle n’est pas en quête d’un sentiment amoureux mais d’une reconnaissance de sa féminité, en totale inconscience des conséquences. Céline a un corps de femme mais un mental d’enfant. Elle nie sa grossesse aussi longtemps que possible. Elle accouche en demandant où est « maman ». Pour finir, Céline est ostracisée par la communauté, y compris par ceux de sa génération, les élèves de son lycée technique qui lui font une « haie du déshonneur. »

Marion Brunet n’a pas cédé à la facilité des courants contemporains. Céline n’est pas directement victime, elle n’a été ni forcée, ni violée. Inconsciente, mais est-elle consentante ?

La phrase conclusive de Une vie (« La vie, voyez-vous, ça n’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit. ») placée en épigraphe, relativise le pessimisme ambiant en  se ralliant au plus célèbre naturaliste, Guy de Maupassant. Si on s’appuie sur la définition d’un roman réaliste[15], L’Été circulaire est conforme : bien documenté, rendant compte de la vie ordinaire et quotidienne, utilisant le vocabulaire spécifique du milieu représenté, au plus près de la réalité y compris dans ses aspects immoraux ou vulgaires, présentant les conditions sociales ou professionnelles des protagonistes. Plus moderne, le roman social dénonce pareillement des problèmes sociaux et leurs effets sur les personnes ou groupes qui en sont victimes, issus des classes populaires, qu’elles soient ouvrières ou paysannes.

Johanna est la seule à conserver un regard lucide, à vouloir fuir son milieu et à s’en donner les moyens. Bien que plus jeune d’une année, c’est elle qui veille sur Céline. Sa caractérisation s’oppose en tous points à celle de sa grande sœur : solitaire, lucide, critique, raisonnable, intelligente, insatisfaite, révoltée contre son quotidien, pas féminine, donc « bizarre » pour les autres. Sa double appartenance est symbolisée par ses yeux vairons dont le regard met les gens mal à l’aise. Depuis l’enfance, elle y a gagné en indépendance, contrairement à Céline qui attire les convoitises.

Une des clés qui permet à Jo de sortir de son monde est le théâtre. Dans sa famille, personne n’a de distance par rapport aux événements de la vie ; dans le monde du théâtre et de son public, elle apprend qu’on différencie entre la vie et sa représentation, qu’on se met à distance, qu’on réfléchit au rapport entre les événements, leur représentation et leur interprétation. Au contact des acteurs, Jo découvre la psychologie des humiliés.

Au Festival d’Avignon, Jo fait également la connaissance de jeunes issus d’un milieu social favorisé – économiquement et culturellement. Force lui est de constater lucidement qu’ils ne sont que des bourgeois consommateurs de culture et exploiteurs de l’inexpérience des faibles.

En portant son regard vers ailleurs, Jo discerne plusieurs opportunités qui s’offrent à elle : le Festival d’Avignon en est une, le pays natal du grand-père une autre. Alors que la disparition de Saïd est fantasmée par la communauté comme un ralliement au djihad, Jo préfère n’y voir qu’un voyage annonciateur de celui qu’elle entreprendra elle aussi plus tard. Enfin elle tente d’explorer ses propres frontières, celles qui se situent entre la vie et la mort, en plongeant en apnée jusqu’à ses limites d’oxygène.

Comme l’annonce la citation de Maupassant, reprise par l’analyse de Saïd : ailleurs les gens ne sont pas meilleurs, il y a du bon et du mauvais partout. Mais les aspirations de Jo la conduisent à vouloir atteindre et franchir les limites de son monde – ce n’est d’abord qu’Avignon à une trentaine de kilomètres, et le théâtre, une autre planète pour ses parents et grands-parents. Désire-t-elle tourner le dos à sa famille ou bien est-elle malgré tout solidaire ?

Jo peine encore à reconnaître, encore plus à formuler qu’elle désire accéder à un plus vaste horizon. Elle ne voit d’abord que l’association bourgeoisie-argent-culture, y réagit selon ses codes de classe : une impulsion de violence, un désir de frapper Garance parce qu’à elle aussi manquent les mots pour exprimer sa frustration, son complexe d’infériorité. Elle a conscience des différences et des difficultés à les surmonter. Elle prend rapidement conscience de la nouvelle manipulation dont Céline va être victime chez Garance. Elle sauve sa sœur de l’humiliation, sexuelle encore une fois.

Pour résumer grosso modo les deux parcours des filles : pendant que Céline grossit, Jo commence à se dégrossir.

Manuel, le père, 38 ans, et Patrick sont amis depuis l’enfance, une amitié basée sur leur solidarité de pauvres et d’humiliés, sans que ce soit pour autant une solidarité de classe. Manuel est fils d’émigré espagnol, la mère de Patrick est suicidaire et démunie financièrement, pas de père. Ils travaillent ensemble comme maçons, passent leurs week-ends ensemble à la plage ou à la fête foraine, se livrent ensemble à leur sport favori, l’apéro, règlent également leurs conflits à coups de poings. « Complicité de vieux cons » du point de vue de Jo. La violence physique des hommes (Manuel roue Céline de coups pour apprendre qui est responsable de sa grossesse), corollaire de l’incapacité à exprimer verbalement leur détresse.

La violence comme langage ou le silence : Manuel « manque de mots » pour parler à son père de la famille, de ses sentiments. Il arrive juste à décrire son travail de maçon. Sa perception du monde est indifférenciée. À l’hôpital par exemple, il est incapable de distinguer les infirmières les unes des autres (prénoms ou fonctions).

Manuel est en conflit avec tout le monde : son père, ses filles, ses ouvriers et collègues, ses employeurs. Il se sent humilié (il a même honte) par son manque de statut social résultant de ses origines espagnoles, ses revenus financiers et son endettement, la grossesse de sa fille.

Il détournera son humiliation sociale sur plus faible que lui, Saïd, le jeune voisin marocain ami de ses filles depuis l’enfance. Manipulé par Patrick, il fera de Saïd le bouc émissaire, parce que jeune mâle pouvant séduire et engrosser ses filles, se payer une belle voiture grâce à l’argent des trafics qu’ils font pourtant ensemble. Saïd polarise toutes les frustrations de Manuel et de Patrick : un Arabe n’a pas le droit d’avoir plus de moyens que des Français. Patrick attise la veine raciste de Manuel contre Saïd, « le poison » comme dit Angela Merkel.

Manuel, lui, n’a que des dettes à rembourser. Ses rêves de jeunesse, il n’a pas su les réaliser. Il a enchaîné échecs et déceptions, il est rentré dans le rang avec amertume, se retrouve à 38 ans sans espoir, sans projet, sans perspective. Il envie le pouvoir financier des riches étrangers (à la région) qui décorent leurs villas d’antiquités achetées au célèbre marché de l’Isle sur la Sorgue. Alors Manuel vole dans les maisons qu’il restaure… pour revendre au dit marché, encore une sorte de circularité. Lui et Saïd essaient de fourguer n’importe quoi aux touristes à prix d’or, sans comprendre l’intérêt qu’il peut y avoir à rechercher des « vieilleries ».

Séverine est une mère démissionnaire qui va devenir grand-mère à 34 ans. Elle a reproduit le schéma éducatif permissif de ses parents. Enceinte à 16 ans de Céline, moins méprisée puisque Manuel l’a épousée autant par sens du devoir que pour acquérir un statut social en entrant dans une famille française de souche. Elle sera absente lors de deux étapes importantes de la grossesse de Céline qui sera accompagnée par sa grand-mère pour passer une échographie et par sa jeune sœur pour accoucher.

Si Manuel envie les riches, Séverine envie sa copine d’école qui s’en est mieux sortie socialement, qui a su mieux conserver son corps, qui se conduit « en parisienne ». La troisième copine de l’adolescence, Sabrina, a échoué pire que Séverine : trois enfants, pas de père, l’aide sociale, grosse. Valérie, la femme de Patrick, fait profil bas quand elle apprend qu’elle risque de perdre son emploi, elle est prête à tout accepter pour conserver un petit boulot. Et si Séverine aimerait changer d’emploi, elle échoue à s’imaginer une autre occupation. La famille vit repliée sur elle-même, refusant l’Aide sociale par orgueil et par détresse, « On n’a besoin de personne. ». Leur aveuglement sur leur situation est total.

Le portrait familial ne serait pas complet sans évoquer les grands-parents, les parents de Séverine, cultivateurs enrichis près de Cavaillon après une dure vie d’épargne. Ils possèdent des vergers, ils y emploient des ouvriers agricoles qu’ils exploitent éhontément : des Arabes, des gitans, des vieux, des sans-papiers qu’ils font travailler puis dénoncent avant de les payer, rarement des étudiants car ces derniers sont trop critiques. Ils se méfient autant des intellectuels que de la culture. « On se comprend mieux, même dans la haine. »

L’Été circulaire est un roman empreint de violence psychologique, physique, verbale. Il se situeà la croisée du roman d’initiation et du polar sociétal. Il ouvre une porte sur l’intimité d’une famille hargneuse, à la fois victime et responsable de son sort. Il met en lumière les désirs et contradictions d’une population malmenée économiquement, déconsidérée socialement, rongée par la frustration. Comme Nicolas Mathieu ou Virginie Despentes, Marion Brunet se penche sur les enjeux des classes populaires. Ce roman entre en résonance avec l’actualité médiatique et la mobilisation des gilets jaunes, il l’annonce même.

                                                                                                                     Maryse Vincent


[1] Paru chez Albin Michel ; Ce roman est également le Choix des libraires en 2019. La thématique, les enfants des classes populaires actuelles laissées pour compte, se rapproche de celle développée dans Leurs Enfants après eux, de Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018. C’est par ailleurs cet auteur qui a soufflé le titre à Marion Brunet.

[2] En France, les publications pour la jeunesse sont régies par la loi du 16 juillet 1949, plusieurs fois amendée. Elle prescrit une sensibilisation aux problèmes actuels de la société (tolérance, racisme, maladie, handicap, etc.). Les publications ne doivent comporter aucun contenu présentant un danger (pornographie, discrimination, haine, atteinte à la dignité humaine, usage / détention / trafic de stupéfiants, violence, crime, publicité ou annonce démoralisante). Les enseignants doivent sensibiliser les jeunes à la littérature de jeunesse en étudiant avec eux des ouvrages. Le Ministère de l’Éducation nationale fournit des listes d’ouvrages recommandés.

[3] sur le thème de la PMA (procréation médicalement assistée) et de l‘homophobie. (6 000 exemplaires vendus, lauréat de 6 Prix, dont le Prix 12/17 de Brive).

[4] Peter Mayle nomme ironiquement Cavaillon dans Une Année en Provence, 1989 (début chapitre Février) « La Chicago du Vaucluse ».

[5] Un Été en Provence, 1989, Peter Mayle

[6] Dupont Lajoie, 1974, Yves Boisset, film dont on a tiré un roman la même année. Utilise partiellement les mêmes ingrédients : familles de beauf, adolescents, Provence, Arabes, racisme pour caricaturer sans complaisance des gens ordinaires qui collectivement se laissent gagner par la haine raciste. Ours d’argent à Berlin et d’autres Prix allemands. A connu un grand succès malgré de nombreuses réticences et refus de diffusion.

[7] 26 000 habitants

[8] 27.2 %

[9] 13,9 %

[10] 2014-2020

[11] Jean Becker, film sorti en 1983, tourné à Carpentras et dans d’autres villes du Vaucluse

[12] La Gueule du loup

[13] L’Ogre au pull vert moutarde

[14] Frangine

[15] Réalisme et naturalisme ou dans son prolongement, roman social : Zola (Les Rougon-Macquart), Maupassant (Une Vie, Pierre et Jean), Huysmans, Alphonse Daudet, Balzac (La Comédie humaine), Georges Sand (Le Compagnon du tour de France, La Mare au diable, La petite Fadette), Victor Hugo (Les Misérables), Louis-Ferdinand Céline (Mort à crédit), etc.

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Cluny Lecture : rencontre du 22 septembre 2020

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En nous présentant Trois Jours à Berlin de Christine de Mazières, Hubert Depenbusch nous a invités à nous remémorer l’Histoire contemporaine de l’Allemagne. La discussion qui s’en suivit fut animée car la plupart d’entre nous avait des souvenirs personnels le ou la rattachant à la capitale de l’Allemagne. Et si ce n’était pas le cas, les informations fournies ont été enrichissantes. C’est ensuite à un voyage au cœur du 19e siècle que nous a conviés Florence Duthil en partageant avec nous l’étrange nuit de Baudelaire et Apollonie de Cécile Debayle.

Notre prochaine rencontre de travail aura lieu le 3 novembre. Nous examinerons nos deux derniers romans sélectionnés de la saison 2020 : À crier dans les ruines d’Alexandra Koszelyk et Boy Dioula de Yancouba Diémé. Après les voyages dans le temps de cette semaine, nous repartirons sur les chemins internationaux : l’Ukraine et le Sénégal.

TROIS JOURS À BERLIN, 2019, Christine de Mazières, Sabine Wespieser

Christine de Mazières, auteure binationale, met en scène les évènements historiques de novembre 1989 à Berlin. Le roman est structuré en 38 chapitres très courts qui portent – sauf un – les noms des protagonistes du texte. Chaque personnage parle à la première personne. Ce récit polyphonique garantit l’authenticité des détails de chaque biographie de ressortissants de Berlin Est comme de Berlin Ouest.

Cinq chapitres sont intitulés « Cassiel », le nom de de l’ange du film de Wim Wenders Der Himmel über Berlin (qui ne s’appelle pas anodinement Les Ailes du désir en français). Cassiel entre par la fenêtre chez Holger et Karin Brandt en train de suivre l’émission de la RDA Aktuelle Kamera le 9 novembre 1989.

Au regard des évènements politiques actuels – les succès de la AfD – Christine de Mazières souligne que la Réunification était une grande chance pour l’Allemagne. Non seulement l’auteure présente à travers ses portraits le système de la RDA – une société sans classes mais des privilégiés du Parti, soutenant les pacifistes de l’Ouest mais réprimant ceux de l’Est – mais elle fait aussi revivre les opposants du système et les conflits internes. Le pasteur Paul Kest incarne le conflit du christianisme – la fidélité au Parti, la défense des faibles, le Magnificat de Martin Luther, les grands résistants chrétiens au fascisme comme Dietrich Bonhoeffer, Maximilian Kolbe, Hans et Sophie Scholl. Le soldat posté à la frontière de la Bornholmer Straße illustre les conflits intérieurs des citoyens de la RDA : il obéit aveuglément aux ordres du parti jusqu’au 9 novembre, puis, ce soir-là, il prend sa première décision politique personnelle : « Je lève la barrière ». Finalement, le désir de certains de réformer le socialisme s’est opposé au désir des autres d’augmenter leur pouvoir d’achat. C’est le deutsche mark qui a gagné.

Christine de Mazières brosse en même temps le portrait d’une grande ville : le cimetière des Huguenots, les tombes de Fichte, Hegel, H. Mann, Brecht, des victimes du choléra en 1845, des personnes assassinées par la Gestapo en avril 1945. Elle nous guide également à travers les attractions importantes de Berlin.

BAUDELAIRE ET APOLLONIE, 2019, Céline Debayle, Arléa

En construisant une fiction basée sur des faits historiques, Cécile Debayle nous transporte en 1857 sous le Second Empire. C’est la grande époque des courtisanes, de la syphilis, du choléra et de la tuberculose, de l’absinthe, mais aussi une époque artistique foisonnante. Apollonie Sabatier, une salonnière surnommée « la Présidente » par ses admirateurs, compte Gustave Flaubert et Théophile Gautier parmi ses soupirants.

Elle se sent humiliée. Elle a décidé de régler ses comptes avec son amant Alfred Mosselman qui a commandé dix ans auparavant la statue « Femme piquée par un serpent » à Auguste Clésinger (la statue se trouve au Musée d’Orsay), symbole de volupté mettant en valeur sa plastique et dont la forte charge érotique fait scandale à Paris. À la même époque, un procès est intenté à Baudelaire pour Les Fleurs du Mal, un recueil de poèmes jugés également scandaleux. Six poèmes seront condamnés, dont À celle qui est trop gaie, composé pour Apollonie justement. Le « venin » du poème, qui a particulièrement choqué, établit un pont symbolique avec le serpent.

Apollonie se prépare ce soir-là à rencontrer Charles Baudelaire. Depuis plusieurs années le poète lui voue un amour platonique, lui écrit des poèmes. Un soir, un seul soir, il couche avec elle et la voilà précipitée de son socle. De déesse, elle devient une vulgaire femme de chair et de sang. Amoureuse du poète, jalouse de sa rivale Jeanne Duval, elle lasse son admirateur qui se détache d’elle du jour au lendemain.

Tout en mettant en scène Baudelaire et Apollonie avec émotion et sensibilité, ce roman s’adresse aux érudits spécialistes du poète et de ses collègues de l’époque, ou de l’histoire sociologique du Paris du 19e siècle. À travers la langue maîtrisée de l’auteure transparaît le texte des Fleurs du Mal.

Comme référence visuelle, on pourrait renvoyer au film de Bertrand Bonello L’Apollonide, souvenirs de la maison close (2011).

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Cluny Lecture : rencontre du 25 août 2020

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Toujours placée sous le signe du voyage et de la rencontre des cultures, notre dernière séance de Cluny Lectures nous a proposé une pérégrination en Chine, une échappée au Maroc et une excursion dans la banlieue parisienne. Cheminement intérieur pour un moine, découverte des racines familiales pour un enseignant franco-marocain, portrait d’un présent désabusé pour des jeunes fans de football, que des héros masculins qui sont au centre de Le Singe sous la montagne (compte rendu critique de Wolfgang Liebert), Ceux que je suis (Ute Budelmann), Bleu, Blanc, Brahms (Renate Wolf).

Lors de notre prochaine rencontre prévue pour le 22 septembre, nous examinerons les romans suivants : Trois Jours à Berlin (Christine de Mazières), Baudelaire et Apollonie (Céline Debayle), Boy Diola (Yancouba Diémé).

LE SINGE SOUS LA MONTAGNE, 2019, Aodren Buart, Phébus, roman

À la demande de l’empereur, un moine chinois, Sanzan, traverse à pied la Chine de l’Est à l’Ouest à la recherche des écritures sacrées de Bouddha. L’auteur reprend certains des principaux personnages de La Pérégrination vers l’Ouest, l’une des quatre grandes nouvelles classiques de la littérature chinoise, du célèbre poète et nouvelliste chinois Wu Cheng’en de la dynastie Ming qui a vécu entre 1500 et 1582.

À part Sanzan, les principaux personnages sont la déesse Bodhisattva Guanyin qui guide et protège le moine, et le singe emprisonné sous le rocher de la montagne. La déesse propose de libérer le singe si le moine accepte d’être accompagné par l’animal qui le protègera pendant son périple douloureux et dangereux. Le singe avait été emprisonné par Bouddha à cause de son impertinence dans l’Empire céleste. Sanzan accepte. Alors qu’il prie sur le sommet de la montagne, celle-ci s’ouvre et le singe en sort. Ils continuent ensemble le périple et, malgré quelques caprices du singe, tout s’arrange bien. Après quelques jours de marche, le récit s’arrête.

Mais il y a un épilogue : Dans le monastère de Sanzan, un jeune moine constate que les branches d’un vieux pin se sont tournées vers l’Est. C’est le signe que le maître avait annoncé à ses disciples comme signe de son retour, avant son départ vers l’Ouest.

Ce roman est une fable qui insiste sur la relation de Sanzan à la nature qu’il admire profondément. Il est à la fois anxieux et courageux, il accepte sa lourde tâche. En parcourant la nature, il chante des poèmes et il s’ouvre aux hommes qu’il rencontre pendant sa marche.

CEUX QUE JE SUIS, 2019, Olivier Dorchamps, Éditions Finitudes, roman

La dernière volonté de Tarek, garagiste marocain à Clichy, est d’être enterré selon les rites et la tradition musulmane au Maroc qu’il a quitté des décennies plus tôt pour fuir la misère. Ses trois fils sont établis en France dans une vie laïque et libérale. Leur première réaction est donc l’incompréhension devant ce souhait. Marwan est celui qui accompagnera la dépouille en avion avec Kabic, l’ami de toujours du défunt. Mais plus qu’un dernier hommage rendu au père, c’est un rendez-vous avec l’histoire de la famille.

Le récit de la grand-mère, clé du roman, bouleverse Marwan. Par suite d’extrême pauvreté, dans les années 1950, Warda a été vendue par son père à l’âge de 13 ans à une riche famille de Casablanca pour devenir servante. Elle est violée par le fils, Hassan. Enceinte de Hassan, elle arrive à s’enfuir et est accueillie dans la famille de Kabic. Kabic et son ami rêvent de partir ensemble en France. Kabic part seul, son ami renonce à l’aventure. Il épouse Warda, ils élèvent « leur » fils Tarek. Kabic envoie régulièrement de l’argent pour l’éducation de l’enfant. Devenu adulte, Tarek quittera le Maroc pour s’établir à Clichy.

Marwan se sent français au plus profond de lui, bien qu’en France on lui fasse sentir qu’il est Marocain. Au Maroc, on lui fait comprendre qu’il n’est pas le bienvenu. En accompagnant la dépouille de son père au Maroc, il comprendra mieux ses racines, les secrets de famille restés jusque-là profondément enfouis, les valeurs que ses parents lui ont transmises et l’importance des liens familiaux.

C’est un roman sur l’exil et la recherche d’identité qui aborde avec justesse, respect, tendresse et finesse des sujets pourtant connus : le déracinement, la schizophrénie de la société marocaine (entre tradition et modernité) la double identité culturelle, le rapport complexe des immigrés avec leurs origines. Le titre du roman joue aussi sur l’ambiguïté – Ceux /Ce que je suis (être, suivre) – reflétant parfaitement les questionnements du personnage central.

Olivier Dorchamps fait vivre et parler ses personnages avec humanité, délicatesse, réalisme, mais aussi avec humour.

BLEU, BLANC, BRAHMS, 2019, Youssef Abbas, Actes Sud, roman

Un groupe de jeunes de banlieue est réuni pendant la finale de football Brésil / France en 1998, un drame national qui réunit toutes les classes sociales devant la télévision. Parmi les spectateurs, Hakim, jeune beur, et Yannik, beau blond, amis d’enfance, tous deux amoureux de Marianne, jeune femme issue d’un milieu bourgeois qui les accueille ce soir-là dans la maison de ses parents. Ils souhaitent réussir socialement, mais comment sortir de ce milieu de HLM malgré un bon cursus scolaire ?

Le troisième personnage du roman s’appelle Guy. Il est homosexuel, aime surtout les blonds (comme Yannik). Il vit dans le même bâtiment mais se distingue des autres par son âge et son habitude d’écouter de la musique de Brahms à plein volume. Son goût musical faisant pressentir son appartenance à une autre couche sociale et/ou culturelle, sa présence dans une HLM semble déplacée. On apprend effectivement à la fin du roman qu’il se retrouve en phase finale d’une vie totalement différente. Il était consultant dans la finance, il travaillait pour une entreprise américaine à Paris dont les mots d’ordre sont succès et gain d’argent. Guy n’a pas pu résister à la pression professionnelle sans se droguer, il a fini par quitter une vie qui l’a rendu malade et privé d’une vie normale, de relations personnelles sincères. Il s’est réfugié dans cette ville anonyme. Pendant le match, il fait un tri entre des arguments pour rester vivant et d’autres pour se suicider. La décision est prise à la fin du match, gagné par la France. Guy est le personnage antithétique des deux autres protagonistes, ambitieux et espérant encore réussir leur vie.

Structuré sur l’horaire minuté et les commentaires d’avant et de pendant le match, le récit donne l’impression de se dérouler en dehors du temps réel. Pendant un peu plus de 90 minutes et les quelques heures suivantes, les Français ont l’illusion de l’égalité sociale, ils semblent avoir oublié la misère d’un quotidien où les jeunes des cités sont en majorité des perdants.

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Einladung zur Austellung „Im Schatten von Venus – Lisa Reihana & Kunst aus dem Pazifik“

Chères amies,  

das weibliche „Dreamteam“ ist ein bisschen aus der Coronastarre erwacht und wir stellen fest, dass der Altweibersommer zu erwarten ist, und das wäre doch eine Zeit um uns wieder einmal zu treffen.

Wir wünschen uns, dass jedes Mitglied unseres schönen Kreises sich befragt, unter welchen Voraussetzungen ein Zusammenkommen zu verantworten ist. Je nach Witterung wäre ein Vorschlag, ein Konservationsstündchen z.B. im Gartenlokal Quellental oder Röperhof  oder in einem Museum mit Sitzgelegenheiten zu veranstalten.

Andere Anregungen werden sehr gern entgegengenommen ! Wir wissen, dass die Mitgliederlisten mit den Telefonnummern noch recht aktuell sind und wünschen uns sehr, dass auch bei Ihnen das Bedürfnis unseren Kreis wieder zu beleben groß ist – nehmen Sie Kontakte auf !

In Herzlichkeit und Vorfreude

Annegret Fascher und Marie Herford

Konkret lädt Marie Herford Sie herzlich ein, folgende  Ausstellung im MARKK  Rothenbaumchaussee 64 zu besichtigen:

Mittwoch 26. August um 11 Uhr

„Im Schatten von Venus – Lisa Reihana & Kunst aus dem Pazifik“

Gegen 13 Uhr können wir uns im Restaurant Okzident stärken und unsere Eindrücke über die Ausstellung austauschen.

Anmeldung bei Marie Herford – 040-88 11 476, oder herfordmnf@gmx.de – bis Samstag dem 22.8.

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Jahresbericht 2019-20

Der Festakt des 72. Geburtstags Cluny und die Ausrichtung des Prix Cluny im Rolf-Liebermann-Studio des NDR war eine wunderbare Veranstaltung in Anwesenheit von Herrn Generalkonsul Toulouse und Herrn Senator Dr. Dressel. Zu dem Gelingen trugen die perfekte Organisation von Frau Dotzer und ihrer Mitarbeiter*innen und der musikalische Rahmen mit dem Duo Dopico aus Dresden und dem Mittelstufenchor des Luisen-Gymnasiums unter der Leitung von Frau Frauke Freya Kampe bei. Wir sind für die Gastfreundschaft des NDR sehr dankbar.

Ein Monat später haben wir die Weihnachtszeit mit einem Brunch im Restaurant T.R.U.D.E. beim Museum der Arbeit eingeläutet, während Cluny-Dames wenig später einen gemütlichen Adventskaffee im traditionsreichen Röperhof genossen hat.

 

Veranstaltungen

Spaziergang durch Sankt-Georg unter kundiger Führung von Hubert Depenbusch mit anschließendem Aperitif bei Ingrid und Hubert.

Alexander von Humboldt in Paris. David Blankenstein aus der TU Berlin hat uns so begeistert, dass wir spontan beschlossen haben nach Berlin zu der Ausstellung „Wilhelm und Alexander von Humboldt“, die er mitkuratiert hat, zu fahren. Selbstverständlich würde er uns führen. Ein Tag vor der Besichtigung wurde das Museum wegen Corona geschlossen!

Völkermord in Ruanda – 30 Jahre danach. Dafroza und Alain Gauthier im Gespräch mit Dieter Magsam.

Impressionismus, Meisterwerke aus der Sammlung Ordrupgaard. Deutschsprachige Führung in der Kunsthalle.

Culture générale et l’Ecole du Louvre. Wir wollen den Referenten Yves Lemaire (Paris) zur Vertiefung seiner Ausführungen im nächsten Jahr wieder einladen.

 

Veranstaltungen in Kooperation

Marie Curie. Gespräch und Filmauszüge mit Marie Noelle (Regisseurin) und Ulrike Dotzer. Kooperation mit dem Institut français de Hambourg.

Helmut Schmidt und Frankreich, Freundschaft der Vernunft. Vortrag von Hélène Miard-Delacroix (Paris-Sorbonne) Kooperation mit dem Institut français de Hambourg und der Bundeskanzler-Helmut-Schmid-Stiftung.

Zukunft Europa – Was wünscht sich die Jugend von der Europäischen Union? Eröffnung vom Festival Arabesques. Kooperation mit Arabesques und der Bucerius Law School.

Rétif de la Bretonne : Die Nächte von Paris. Buchvorstellung vom Autor Reinhard Kaiser. Kooperation mit dem Heine-Haus-Hamburg,

 

Cluny-Dames

Helena Paetow-Stiegen hat eine Reise unter der Leitung von Dr. Brigitte Volkhausen Schwerin-Chambord Schöne Verwandte durchgeführt, die einen sehr großen Anklang gefunden hat. Eine weitere Reise soll in Planung sein …

Annegret Fascher hat Helena Paetow-Stiegen bei der Leitung von Cluny-Dames abgelöst und zwei Führungen im Bargheer Museum: Karl Lagerfeld Visions und Krieg und Frieden veranlasst.

Die beliebten Causeries/Plauderstunden haben im Momentum, Alsterarkadencafé und im Alsterhaus stattgefunden. Frau Fascher hat das Angebot erweitert und Termine ohne Reservierung angeboten: ein Lunch Konzert in der Laeiszhalle, ein Beitrag des Adventskalenders in der Staatsoper und Seniorenkino im Metropolis.

 

Cluny-Jeunes

haben zwei erfolgreiche Treffen organisiert. In Zusammenarbeit mit dem Institut français Hambourg läuft z. Z. ein Wettbewerb 2050 – Écris ton Europe du futur, der sich natürlich an Jugendliche richtet. Bis zum 31. August kann man teilnehmen, Informationen dazu finden Sie auf unserer Homepage.

Auch in Zeiten von Corona lesen die Mitglieder von Cluny-Lectures Werke aus der zeitgenössischen Literatur. Wie jedes Jahr gibt es einen preisgekrönten Roman: «L’été circulaire» von Marion Brunet. Leider konnte eine Preisübergabe bis jetzt nicht stattfinden: Corona!

Neue Leser*innen sind herzlich willkommen. Informationen dazu befinden sich auf unserer Homepage.

Zum Schluss möchte ich mich im Namen des Vorstandes bei folgenden Stützen der DFG Cluny aufrichtig bedanken:

  • Den Mitgliedern des Comité d’activités für das «Verre de l’amitié», das bei den Referenten und Gästen immer eine angenehme Überraschung auslöst,
  • Hartmut Schneider, der als Kassenwart unsere Finanzen akribisch verwaltet,
  • Helena Paetow-Stiegen für die langejährige, engagierte, erfolgreiche Tätigkeit bei Cluny-Dames,
  • Annegret Fascher und Marie Herford für die einfallsreichen Veranstaltungen von Cluny-Dames,
  • Nicola Hochberger, die mit Marie Finke Cluny-Jeunes gestaltet,
  • Maryse Vincent für die professionelle Leitung von Cluny-Lectures,
  • Gaby Jacobsen, die den Bürgeraustausch mit Marseille bis ins Detail vorbereitet hatte, bis Covid-19 einen Strich durch die Rechnung machte. Glücklicherweise: Aufgeschoben ist nicht aufgehoben!

Ich schließe diesen Bericht mit der Zuversicht, dass wir uns bald wieder treffen und viele interessante Veranstaltungen durchführen werden!

Bon courage et à bientôt.

Irène Drexel-Andrieu

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Rundschreiben 4/2020

Chers amis de Cluny,

dieses Jahr muss wegen der Corona-Pandemie die ordentliche Mitgliederversammlung anders als gewohnt stattfinden. Wie bei anderen Gesellschaften wird sie schriftlich durchgeführt, denn der Vortragsraum des Gästehauses der Universität bietet Corona-bedingt nur 20 Plätze.

Die Mitglieder haben die nötigen Unterlagen bekommen. Der Jahresbericht 2019-20 liegt diesem Schreiben bei.

Aktualisierung des Programms

Leider musste Herr Gérard Letailleur seine Veranstaltung «Histoire insolite des cafés parisiens» am13. August absagen. Der Vortrag soll später nachgeholt werden.

Neu ist eine Führung durch Ottensen mit Frau Renate Wolf am 2. September 2020.

Wir hoffen weiterhin, die folgenden schon angekündigten Termine anbieten zu können:

  • Das Heine-Denkmal, Herr Prof. Dr. Udo Köster am 27. Oktober 2020 im Gästehaus der Universität um 19 Uhr.
  • Georges Braque, deutschsprachige Führung im Bucerius Kunstforum am 7. November 2020, um 12.00 -13.30 Uhr.

In diesen unsicheren Zeiten ist es leider möglich, dass eine angekündigte Veranstaltung nicht wie vorgesehen stattfinden kann. In diesem Fall werden Sie per Mail benachrichtigt. Sie können auch die Geschäftsstelle anrufen, wir werden per Anrufbeantworter die Änderungen mitteilen.

Avec mes meilleures pensées pour chacune et chacun. Prenez soin de vous et j’espère à très bientôt !

Irène Drexel-Andrieu

Hamburg, August 2020

 

 

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Rundschreiben 3/2020

Chères Clunisiennes et chers Clunisiens,

die coronabedingten Einschränkungen des öffentlichen Lebens werden langsam gelockert. Es zeichnet sich ab, dass spätestens im Juli Treffen mit Personen aus verschiedenen Haushalten wieder erlaubt sein werden. Ein Veranstaltungsprogramm für die kommenden Wochen vermag ich deshalb noch nicht anzubieten, im Übrigen sind die angefragten Referenten mit ihrer Zusage noch sehr zurückhaltend.

Allerdings kann ich schon jetzt ankündigen, dass wir unsere Mitgliederversammlung für den 7. September im Gästehaus der Universität (Rothenbaumchaussee 34) planen. Sollten Sie nicht kommen können oder wollen, gibt es die Möglichkeit Ihrer Stimmenabgabe durch eine Vollmacht zu regeln. Fristgerecht werden Ihnen die Einladung und die nötigen Informationen zugehen.

Herr Prof. Dr. Udo Köster wird dankeswerterweise die Veranstaltung „Das Heine-Denkmal“ am 27. Oktober 2020 im Gästehaus der Universität um 19 Uhr nachholen.

Im Bucerius Kunstforum ist eine Ausstellung über Georges Braque im Herbst vorgesehen. Eine deutschsprachige Führung ist am 7. November, in der Zeit von 12.00 Uhr-13.30 Uhr für uns reserviert.

Leider kann Marion Brunet ihren Roman «L’été circulaire» am 15. Juni nicht vorstellen¸ einen neuen Termin haben wir noch nicht festgelegt.

Noch steht der Termin (13. August) mit Gérard Letailleur «Histoire insolite des cafés parisiens». Er kommt gern, wenn es möglich ist!

Avec mes meilleures pensées pour chacune et chacun. Prenez soin de vous et j’espère à très bientôt !

Irène Drexel-Andrieu

Hamburg, Mai 2020

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