Kongress 2017: Melden Sie sich jetzt an!

Die VDFG und FAFA laden zusammen mit der DFG Cluny in die Freie und Hansestadt Hamburg: Vom 23. bis 26. November 2017 findet unter der Schirmherrschaft des Ersten Bürgermeisters Olaf Scholz und in Zusammenarbeit mit der Handelskammer Hamburg in der norddeutschen Hafenstadt der 62. Jahreskongress von VDFG und FAFA statt. Das Thema des Kongresses: „Deutschland & Frankreich: Fruchtbare Gegensätze“ – France & Allemagne: Contradictions fécondes. Gleichzeitig feiert die DFG Cluny (Hamburg) in diesem Jahr ihr 70-jähriges Jubiläum. Auf der Seite der VDFG können Sie sich zum Kongress anmelden.

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Cluny Lectures: Compte rendu de la 6e rencontre du 12 septembre 2017

Cluny Lectures a fait sa rentrée littéraire, en septembre comme il se doit ! Les sept membres présents et présentes se sont retrouvé(e)s chez Ulla Eckford-Jones pour présenter et commenter deux nouveaux romans aux styles diamétralement opposés : l’un suggérant une quête-enquête plutôt intellectuelle, Comme Neige (Cf. ci-dessous le compte rendu de Ralf Böckmann), l’autre ancré dans l’Histoire et l’action, Today we live, si, si, un roman français auquel l’auteure a choisi de donner un titre anglais pour des raisons qui nous échappent (cf. ci-dessous le compte rendu de Ute Budelmann). Ce qu’il y a d’enrichissant dans nos appréciations, c’est qu’elles divergent en fonction de nos goûts et de nos personnalités.

Notre saison de lecture 2017 tire à sa fin. Nous nous retrouverons le 14 novembre 2017 chez Ralf Böckmann pour passer une dernière fois en revue toutes nos lectures, 12 en tout, en faire une évaluation finale et choisir notre lauréat(e) de l’année.


Comme neige, 2016, Colombe Boncenne, Buchet Castel

Lors d’une excursion en Bourgogne, Constantin Caillaud, le narrateur du roman, trouve un livre inconnu d’Émilien Petit, un auteur qu’il croit pourtant bien connaître. Il achète l’œuvre intitulée Neige noire et la dévore la nuit même. Comme dans la plupart des romans d’Émilien Petit, la frontière entre le réel et l’imaginaire se brouillait et l’on n’était plus certain de rien. (…) Quelque chose dans ces romans me touchait beaucoup – une manière de traiter l’amour par l’étrange, de construire des histoires envoûtantes à la frange du vraisemblable, mais l’essentiel semblait se dérober, s’échapper. Ces deux citations résument assez bien le contenu de Comme Neige. La littérature tombe comme de la neige nous dit Colombe Boncenne, la neige qui peut recouvrir, ensevelir un paysage, qui sait l’embellir et le faire scintiller, mais est aussi en mesure d’aveugler le spectateur. Quand elle fond, elle devient grise et sale.

Voulant faire partager sa trouvaille, Constantin Caillaud découvre que non seulement Neige noire est inconnu des libraires comme de l’éditeur de l’auteur, mais que de plus l’ouvrage a disparu de sa propre maison. À partir de ce moment-là, le livre pourrait s’intituler « À la Recherche du livre perdu », car le retrouver devient le centre de l’action. La suite du roman est une sorte de polar dans le monde de l’édition. L’intrigue est menée comme celle d’un roman policier, on y retrouve de nombreux éléments caractéristiques : enquête et recherche des suspects, fausses pistes, suspense, énigmes, mystères. Il y a même du surnaturel. Élément de polar moderne, à la fin il reste encore des mystères, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de solution.

Comme Neige est un roman sur un roman, sur la naissance lente du livre, un récit doublement romanesque sur la création littéraire dans le monde contemporain de l’édition. C’est aussi un petit miroir de ce monde. Colombe Boncenne travaille depuis 2000 dans l’édition, en connaît toutes les ficelles, les intrigues, les vanités et les procédés pour se faire connaître et s’y faire remarquer.


Today we live, 2015, Emmanuelles Pirotte, Cherche -midi

Emmanuelle Pirotte est scénariste. Tiré d’un scénario, Today we live est son premier roman. Il a obtenu un grand succès en France, reçu une dizaine de prix, et a été traduit et édité dans 13 pays. Il vient de sortir en allemand aux Éditions S. Fischer (Heute leben wir). L’auteure s’est inspirée de l’histoire de ses grands-parents qui avaient caché une fillette juive pendant la Seconde Guerre Mondiale.

1944, dans les Ardennes, en Belgique, occupées par des troupes allemandes. Les Alliés sont en train de gagner du terrain. Renée, une petite orpheline juive de sept ans, est confiée à deux soldats américains, en réalité des soldats allemands. Ici il faut mentionner le contexte historique du roman, l’opération Greif de la Waffen SS, commandée par Otto Skorzeny dans les Ardennes, dont le but était de prendre les ponts sur la Meuse avant qu’ils ne soient détruits. Les soldats allemands s’habillaient en uniformes pris aux Alliés et utilisaient leurs véhicules. Donc les deux pseudo-Américains ont l’intention de tuer l’enfant. Au moment de tirer, Mathias tue son camarade au lieu de la petite. Il s’enfuit avec elle dans les forêts enneigées, ils se cachent dans une cabane. Ayant vécu un certain temps au Canada comme trappeur, Matthias sait se débrouiller dans les espaces sauvages et glacés. De retour en Europe, il s’était engagé dans l’armée allemande où il est devenu une machine à tuer, un maître de la simulation, barbare d’un côté et cultivé de l’autre. Alors commence la fuite d’un soldat allemand déguisé en Américain avec une gamine juive dans une région aussi terrifiée par les Allemands que par les Américains.

La fascination qu’exerce Renée sur Mathias est difficile à expliquer rationnellement. Dès le début, elle l’a vaincu par sa force mentale, son courage, son audace. Tous les deux se ressemblent dans leur indépendance. Renée ne comprend pas ce que signifie sa judéité, mais elle ressent que cette différence pourrait lui coûter la vie. Orpheline ballotée de foyer en foyer, cachée par les uns et les autres, elle témoigne cependant d’une force de caractère hors norme. C’est d’ailleurs elle qui avait choisi Mathias dès leur première rencontre.

L’auteure nous fait pénétrer dans l’âme des personnages. Ce qu’on y trouve n’est pas toujours compréhensible. Today we live est un récit d’aventures dont les deux personnages principaux inspirent respect et émotion au lecteur. Emmanuelle Pirotte écrit bien, elle sait construire un roman dont les perspectives changent avec élégance. Malgré son sujet vraiment pas nouveau – la Seconde Guerre Mondiale– ce roman passionne, peut-être par sa ressemblance avec un conte de fées, y compris la brutalité immanente à ce genre.

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La chanson française – intime et universelle

Dimanche 5 novembre 2017 à 19 heures
Aula der VHS West • Waitzstr. 31 • 22607 Hambourg

Einladung auf Deutsch herunterladen | Télécharger l’invitation en français

Trois interprètes de la chanson française, Caroline Lacaze (à droite), Véronique Elling et Ralf Böckmann ont sélectionné dans leur répertoire des chansons que les Français ont choisies comme leurs préférées.

Les chansons préférées ne sont pas forcément celles qui ont eu le plus de succès à leur sortie mais celles qui ont su toucher leur public. En quelques mots, en quelques notes, elles esquissent les préoccupations, les émois, les joies ou les peines des auditeurs – aussi bien que dans un roman mais en trois minutes.

Les chansons qui touchent allient une musique qui plaît à un texte qui séduit par son thème à la fois quotidien et symbolique, intime et universel. Loin de ne parler que d’amour, les chansons françaises documentent sur ce qu’il se passe dans la société à un moment donné : le SIDA, l’IVG, l’immigration, les familles monoparentales, la défense de l’environnement, le chômage, la vieillesse.

Les instantanés d’une époque sont devenus des standards aussi bien étudiés dans les écoles que traduits à l’étranger, preuve de l’universalité de leur message, à l’exemple de Göttingen de Barbara (1964) ou de Je me voyais déjà de Charles Aznavour (1960).

Ces chansons phares ne signifient pas forcément la même chose à une époque ou à une autre, mais leur reprise atteste également de leur universalité.

Caroline Lacaze, Véronique Elling et Ralf Böckmann, accompagnés de leurs musiciens, interprèteront des chansons françaises qui à la fois touchent intimement leur public et ont la capacité de lier profondément la communauté francophone et francophile. Maryse Vincent présentera la soirée en français et en allemand.

  • Merci de vous inscrire avant le 02/11/2017.
  • La soirée se clôturera avec le traditionnel verre d’amitié.
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Rundschreiben 3/2017

Liebe Cluny-Mitglieder,

zu Beginn des Hamburger Sommers – man weiß leider nicht, was daraus wird – übermittle ich ihnen hier einige Nachrichten, die durchweg erfreulich, verlässlich und wetterbeständig ausfallen. Sie haben es erraten – es geht um den VDFG/FAFA-Jahreskongress 2017, zu dem Sie sich ab sofort anmelden können, sowohl im Internet wie auch traditionell in Papierform.

Die erste Anmelde-Variante erschließt sich Ihnen sofort, wenn Sie uns im Netz auf www.cluny.de besuchen. Für die Papierform benutzen Sie bitte dieses Anmeldeformular. Das Kongressprogramm finden Sie HIER. Sollten Sie Fragen haben, können Sie gerne in der Geschäftsstelle (Mo und Do von 16.00 bis 18.00 Uhr) oder ggf. auch bei mir privat anrufen: 040/881.29.556.

Gerne nehmen wir auch wieder Ihre Unterstützung in Anspruch; sollten Ihnen nämlich Hamburger Firmen bekannt sein, die uns für die Kongresspausen gratis (oder fast gratis) mit Kaffee und Gebäck (viennoiseries!) versorgen können, wäre die Kongress-AG für Ihren Hinweis sehr dankbar. Angebote zu personeller Unterstützung sind schon zahlreich bei uns eingegangen, Sie hören in dieser Sache nach der Sommerpause von uns.

Erfreulich auch die folgende Nachricht! Unser Cluny-Mitglied Susanne Wittek ist am 4. Juli in Paris zusammen mit Christian Frey für ihren ARTE / NDR – Dokumentarfilm „Stille Retter – Sauvés par des justes“ in der Kategorie Video mit dem Deutsch-Französischen Journalistenpreis 2017 ausgezeichnet worden. Einige von Ihnen waren bei der Erstaufführung im Körber-Forum dabei. „Die Stärke dieses Dokumentarfilms“, so die Jury, „liegt in der Qualität der Interviews, die bewegende Zeugnisse liefern“. Wir gratulieren sehr sehr herzlich!! Eine Bildergalerie mit Fotos von der Preisverleihung und der Gartenparty finden Sie unter dfjp.eu  

Hier nun aber – zurück in die norddeutsche Tiefebene – eine Übersicht der Veranstaltungen, die in der zweiten Jahreshälfte auf Sie warten.


Freitag, 28.07.2017, 12h00
Damenkreis: Causerie en français mit Alsterschippern zum Café ‚par ici’
Maria-Louisen-Straße 1, 22301 Hamburg. Treffpunkt 12h00 am Anleger 4.
Anmeldung bis 26.07.2017 bei Helena Paetow-Stiegen


Mittwoch, 4.10.2017, 19h00
„Literatur, Musik und Malerei: correspondances – reflets – échos“
Ein künstlerischer Abend, der alle Sinne anspricht – auf den Spuren französischer Literatur, Musik und Malerei des 19. und frühen 20. Jahrhunderts. Mehr dazu hier


Samstag, 4.11.2017, 19h00
« La chanson française – intime et universelle »
Mit Véronique Elling, Caroline Lacaze und Ralf Böckmann.
Durch den Abend führt Maryse Vincent in französischer und deutscher Sprache.
Ort: Aula der Volkshochschule West, Waitzstraße 31, 22607 Hamburg
Anmeldung in der Geschäftsstelle bitte bis Donnerstag, 2.11.2017


Donnerstag, 23.11. – Sonntag, 26.11. 2017
« Deutschland und Frankreich: fruchtbare Gegensätze. »
62. Jahreskongress der Vereinigung Deutsch-Französischer Gesellschaften für Europa (VDFG/FAFA) 70. Geburtstag der Deutsch-Französischen Gesellschaft Cluny e.V. Hamburg. Mehr dazu auf unserer Kongress-Seite


Chères clunisiennes, chers clunisiens, machen Sie reichlichen Gebrauch von all diesen Möglichkeiten, der deutsch-französischen Verständigung wieder ein paar Schritte näher zu kommen – so verbinden Sie auf dem kürzesten Wege das Angenehme mit dem Nützlichen.

Ich wünsche Ihnen eine entspannte und kurzweilige Sommerzeit!

Bien à vous,

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Die Autorin und Journalistin DOAN BUI bei Cluny

Im Rahmen der „Tage des Exils“ hat Doan Bui Le silence de mon père, L’iconoclaste, Paris, 2016, (Das Schweigen meines Vaters) am 28. Juni in der wunderbaren Bibliothek des Warburg-Hauses vorgestellt. Philippe Wellnitz, eminenter Germanist, der ihr Werk für den Sujet-Verlag (Bremen) übersetzt, übernahm die Wiedergabe auf Deutsch.

In Le silence de mon père schildert Doan Bui ihre Recherchen um das Leben des Vaters, sie erforscht die Gründe für seine Schweigsamkeit. Die Leser begleiten die Autorin Schritt für Schritt in ihren Entdeckungen.

Die Veranstaltung wurde von der Moderatorin Irène Drexel-Andrieu mit einer tabellarischen Aufstellung der vietnamesischen Geschichte parallel zum Leben des Vaters eingeführt, um die Situation der Hauptperson besser nachvollziehen zu können.

Doan Bui schilderte dann, wie sie in ihrem Streben eine perfekte Französin zu sein, sich nie für die Exilgeschichte ihres schweigsamen Vaters interessiert hatte. Es änderte sich als sie schwanger wurde und anfing darüber nachzudenken, was sie ihrem Kind weitergeben will oder anders ausgedrückt, welche ihre Wurzel sind. Aber inzwischen hatte ihr Vater einen Schlaganfall erlitten und konnte sich nicht mehr verständlich machen. Die Zuhörer lauschten gebannt, Doan Buis Berichte über die gebrochene Persönlichkeit der Exilväter, die dynamischen Exilmütter und die „Bananenkinder“, die außen gelb, aber innen französisch (weiß) sind. Sie begeisterte das Publikum durch ihre Lebendigkeit, ihre natürliche Art auf jede Frage einzugehen und die zahlreichen eingeflochtenen Informationen zu der Kultur und der Sprache Vietnams.

Auch Philippe Wellnitz beeindruckte die Zuhörer durch seine präzise und muntere Übersetzung.

Nach fast zwei Stunden musste das Gespräch mit dem Publikum leider beendet werden, aber eine ständige Traube von Menschen um Doan Bui während des traditionellen «Verre de l’amitié» zeigte, wie sehr die angeschnittenen Themen des Exils, der Identität und der Integration alle berührten.

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Doan Bui : L’exil, c’est comme être dans un embouteillage

Lesung und Gespräch (deutsch-französisch)
Mittwoch, 28. Juni, 19 Uhr
Warburg-Haus, Heilwigstraße 116, 20249 Hamburg

„Das Exil ist wie im Stau zu sein. Man ist losgegangen, aber nicht angekommen.“

Als ihr aus Vietnam stammender Vater krankheitsbedingt nicht mehr sprechen kann, stellt die 1976 geborene Doan Bui fest, dass sie nichts über seine Exilgeschichte weiß. Über ihre Spurensuche, die sie in ihrem 2016 erschienenen Buch Le silence de mon père geschildert hat, spricht sie mit der Romanistin Irène Drexel-Andrieu.

Anschließend lädt Cluny zum „Verre de l’amitié“ ein.
Eintritt frei, Spende erbeten.
Anmeldung bei der Cluny-Geschäftsstelle bis 22. Juni unter info@cluny.de oder (montags und donnerstags 16 bis 18 Uhr) 040 / 89 70 92 33

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Cluny Lectures: Compte rendu de la 5e rencontre du 13 juin 2017

Lors de la cinquième rencontre de Cluny Lectures chez Irène Drexel-Andrieu, nous avons examiné deux livres, un roman et un récit biographique, qui nous ont conduits dans deux mondes fort différents. D’abord en Islande avec Un Marin Chilien (cf. compte rendu de Fried Normann ci-dessous) et ensuite dans le monde de la géométrie algébrique avec Algèbre (cf. compte rendu de Gisela Maibaum-Busecke). Fried Normann était non seulement en mesure de nous présenter le roman d’Agnès Mathieu-Daudé mais en plus de nous faire partager ses connaissances et ses photos personnelles sur l’île volcanique située dans l’Atlantique Nord.

C’est Ulla Eckford-Jones qui nous accueillera le mardi 12 septembre à 15 heures. Ralf Böckmann nous présentera Comme Neige (Buchet-Castel) de Colombe Boncenne et Ute Budelmann Today we live (Édition du Cherche-Midi) de Emmanuelle Pirotte – il s’agit bien de littérature française malgré le titre !


Un Marin chilien, Agnès Mathieu-Daudé, roman, 2016, Gallimard

Le titre peut surprendre car l’auteure nous présente un marin qui n’est pas chilien, Thorvardur, et un Chilien qui n’est pas marin, Alberto. Alberto, géologue-vulcanologue, est en mission en Islande pour observer le Krafla, un volcan dont l’éruption est imminente. Dès son arrivée sur l’île, Alberto fait la connaissance de quelques autochtones typés, le lecteur en sa compagnie. Thorvardur, marin à la retraite, une brute qui passe le plus clair de son temps à se saouler ; sa mère Hekla, une dame robuste de 93 ans qui porte un prénom de volcan et en a le tempérament ; Thórunn, serveuse dans un fast food, ex-épouse de Thorvardur, à demi Inuit et fort accueillante ; Björn, frère jumeau de Thorvardur, éleveur de moutons au pied du Krafla et qui héberge des enfants en difficulté. Une sorte de rivalité naîtra entre Alberto et Thorvardur, ce dernier périra englouti par une crevasse lors d’un séisme, ce qui ravivera un souvenir douloureux chez Alberto, celui d’avoir perdu son meilleur ami, un indien mapuche comme lui, enseveli sous une avalanche dans les Andes. Dans les deux cas, Alberto se sent responsable de n’avoir pas pu sauver les deux hommes de la mort. Le comportement imprévisible des Islandais et leur excentricité, la rudesse du paysage et du climat contribuent à déstabiliser Alberto. En fait, ce séjour en Islande est un dépaysement supplémentaire car même dans son Chili natal, il ne s’est jamais senti à sa place. Né de parents inconnus, il a grandi dans un orphelinat. Dans le roman, des indices suggèrent que la raison profonde du voyage d’Alberto en Islande n’est pas d’observer le Krafla mais le désir d’échapper à son malaise moral et sentimental. Une nuit d’ivresse totale, Thorvardur lui avait vendu une usine de salaison de poisson en ruine, une invitation à s’enraciner sur l’île. Mais Alberto jette la clé de l’usine à la mer, geste symbolique pour se libérer de l’Islande, mais geste qui ne résout pas son sentiment de culpabilité. Alberto le Chilien est bien marin si on comprend cet état comme le fait de ne se sentir nulle part chez soi, d’être tiraillé entre l’appel du large et le désir de rentrer dans son foyer. Le problème de l’appartenance est un thème universel que Doan Bui a aussi traité dans Le Silence de mon père (cf. compte rendu du 28 février 2017).

Le double exotisme d’un pays peu connu vu par un Chilien indigène permet à Agnès Mathieu-Daudé de construire un roman nourri de différences culturelles, de comportements humains imprévisibles, d’incertitude générale quant à la suite des événements. Le Krafla explosera-t-il ? L’angoisse d’Alberto aussi ?

L’auteure, historienne de formation et conservateur de patrimoine de profession, a brossé des paysages somptueux de l’Islande, des portraits psychologiques fouillés, des dialogues crédibles à l’aide d’une écriture dense, riche, voire sensuelle, sans artifice littéraire et même avec une pointe d’humour.


Algèbre, Éléments de la vie d’Alexandre Grothendieck, Yan Pradeau, 2016, Éditions Allia

On aimerait mieux se rappeler ses leçons de mathématiques en lisant ce roman-biographie de Yan Pradeau ! L’auteur, lui-même professeur de mathématiques mais aussi musicien, journaliste musical, réalisateur de courts métrages, photographe et … crâne rasé comme Alexandre Grothendieck a enlevé de main de maître cette quintessence de biographie, un tout petit livre qui se lit avec intérêt et même fascination.

Fils d’un juif ukrainien assassiné à Auschwitz et d’une hambourgeoise libertaire, Alexandre Grothendieck est un des plus grands mathématiciens qui a révolutionné la géométrie algébrique. Né en 1928, apatride, anarchiste par tradition familiale, prophète des mathématiques, Alexandre Grothendieck a mené une vie extrêmement dure dans son enfance, puis profondément originale.

Les persécutions, le chômage mais aussi leur engagement politique pour la guerre d’Espagne contraignent ses parents à s’enfuir. L’enfant est confié à une famille d’accueil à Hambourg puis expédié seul en France à l’âge de 11 ans, ensuite interné avec sa mère dans un camp à Mende en Lozère. Il découvre le plaisir de l’abstraction mathématique tout seul, apprend le français en un temps record, le latin aussi tout seul, le piano par-dessus le marché. Étudiant, il résout des problèmes mathématiques devant lesquels ses maîtres échouent. Il se joint au groupe Bourbaki au milieu des années 1950. À 30 ans, Alexandre découvre le plaisir sexuel et rapproche aussitôt ses deux passions : « Faire des mathématiques, c’est comme faire l’amour ! ». Il vit avec différentes femmes avec lesquelles il a « une ribambelle d’enfants ». En 1968, il se sent incompris et rejeté par la révolution estudiantine. Il tourne alors le dos aux mathématiques en 1970 pour se consacrer au sauvetage de la planète. Il a toujours refusé les honneurs, les médailles, les consécrations. Il se brouille avec plusieurs de ses anciens amis et collègues. Sa vie devient de plus en plus instable, les traumatismes de son enfance se réveillent, la solitude revient. Il finit par couper le contact avec tout le monde, y compris ses enfants, et s’enferme dans un petit village des Pyrénées. Il meurt à Saint-Girons le 13 novembre 2014. Il a détruit la plupart de ses textes et interdit de publier tout ce qu’il avait écrit, notamment les 1000 pages de ses mémoires Récoltes et semailles dans lesquelles, grâce à la publication en ligne, Yan Pradeau a pu puiser pour construire son texte. Les mathématiques pures profitent encore et toujours des travaux d’un génie dont la perfection de l’œuvre est comparée par Yan Pradeau à celle de Jean-Sébastien Bach.

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Rundschreiben 2/2017

Liebe Cluniazenser, chères amies,

nach dem Ausgang der Präsidentenwahlen in Frankreich konnte ich in meiner frankophilen Umgebung doch – um es vorsichtig auszudrücken – eine gewisse Erleichterung verspüren, und in dieser Erleichterung schwang oft Zuversicht mit. Sicht allein ist schon gut, Zuversicht erst recht, denn bekanntlich haben wir uns in diesem Jahr einiges vorgenommen – da funktioniert Optimismus doch wie ein zusätzlicher Energieversorger!

Ganz auf dieser Linie liegt es, dass Sie so zahlreich und großzügig auf unseren Spendenaufruf für den Kongress 2017 reagiert haben – eine weitere sehr effektive Energiezufuhr. Insgesamt sind bisher aus Ihren Reihen mehr als 3000,- € Spenden zusammen gekommen, das ist wirklich großartig, Ihnen allen dafür ein herzliches Dankeschön. Ähnliches gilt für Ihre Bereitschaft zu praktischer Mitarbeit, wenn es auf den Herbst zugeht. Là aussi, un grand merci. Für den Fall, dass unser Spendenaufruf Ihnen nicht zur Kenntnis gekommen sein sollte, können Sie ihn hier herunterladen. Mit diesem Rundschreiben erhalten Sie außerdem das Beitragsschreiben 2017. Zugesagte Spenden werden wir zusammen mit dem Mitgliedsbeitrag von Ihrem Konto abbuchen.

>> Spendenerklärung herunterladen

Hier nun wie gewohnt meine Hinweise auf die nächsten Cluny-Veranstaltungen vor und nach der Sommerpause, diesmal mit literarisch-künstlerischem Schwerpunkt. Ich bin sicher, für Sie ist wieder etwas Interessantes dabei.


Dienstag, 13.06.2017, 15h00 Cluny Lectures:
Besprochen werden: Yan Pradeau,Algèbre’ / Agnès Mathieu-Daudé,Un marin chilien’
‘Cluny Lectures’ ist diesmal zu Gast bei Irène Drexel-Andrieu und freut sich zu Beginn jeder Lese-Saison (November) über weitere Mitwirkende. Interessenten wenden sich bitte an Maryse Vincent maryse-vincent@t-online.de oder Marie Herford herfordmnf@gmx.de


Donnerstag, 15.06.2017, Damenkreis:
Causerie en français im Restaurant « Rainvilles Elbterrassen »
Anschrift: Rainvilleterrasse 4, 22765 Hamburg
Anmeldung bitte bis 12.06. bei Helena Paetow-Stiegen


Mittwoch, 28.06.2017 19h00
Doan Bui, « Le silence de mon père » – Buchvorstellung & Gespräch
Mit der Autorin und Philippe Wellnitz (Sujet Verlag, Bremen) für die deutsche Übersetzung.
Im Rahmen der ‘Tage des Exils 2017’: Moderation: Irène Drexel-Andrieu
Ort: Warburg-Haus, Heilwigstraße 116, 20249 Hamburg
Anmeldung bitte bis zum Montag, 26.06. in der Cluny-Geschäftsstelle


Freitag, 28.07.2017 12h00
Damenkreis: Causerie en français mit Alsterschippern zum Café ‚par ici’,
Maria-Louisen-Straße 1, 22301 Hamburg. Treffpunkt 12h00 am Anleger 4.
Anmeldung bis 26.07.2017 bei Helena Paetow-Stiegen


Mittwoch, 4.10.2017, 19h00
„Literatur, Musik und Malerei: correspondances – reflets – échos“
Ein künstlerischer Abend, der alle Sinne anspricht – auf den Spuren französischer
Literatur, Musik und Malerei des 19. und frühen 20. Jahrhunderts.
Vortrag: Gérard Gengembre (Caen), Klavier: Ute Jacobi (Lüneburg)
Violine: Julia von Rosen (Hamburg), Gesang: Julia Henning ( Lüneburg)
Ort: Lichtwarksaal, Carl-Töpfer-Stiftung, Neanderstraße, 20355 Hamburg
Anmeldung in der Geschäftsstelle erbeten bis Donnerstag, 28.09.2017


Donnerstag, 23.11. – Sonntag, 26.11. 2017
« Deutschland und Frankreich: fruchtbare Gegensätze. Von Freunden lernen in kritischen Zeiten »
62. Jahreskongress der Vereinigung der Deutsch-Französischen Gesellschaften für Europa (VDFG / FAFA) und 70. Geburtstag der Deutsch-Französischen Gesellschaft Cluny e.V. Hamburg
Anmeldung in der Geschäftsstelle möglichst frühzeitig erbeten unter: 040/89709233 / info@cluny.de


Schließlich noch ein Hinweis unseres Cluny-Mitglieds Edeltraut Stichel auf die „Schlossrosen-Matinee“ am 25.06.2017 um 11.00 Uhr im Ruderclub Favorite Hammonia, Alsterufer 9. Eine Veranstaltung des Freundeskreises Hamburg im Förderverein Berliner Schloss e.V. Auf dem Programm: Rosen, Arien und Lyrik. Kostenbeitrag 40,- € (incl. Büffet und Begrüßungsgetränk). Anmeldung bis 20.06. per Überweisung auf das Konto des Fördervereins: IBAN DE72 1007 0000 0077 2277 24, Kennwort „Schlossrosen“

Mit frühsommerlich (???) heiteren Grüßen,

bien à vous

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Literatur, Musik und Malerei: correspondances – reflets – échos

Mittwoch, 4. Oktober 2017, 19 bis 21.30 Uhr
Lichtwarksaal, Carl-Töpfer-Stiftung, Neanderstr., 20355 Hamburg

Wir laden Sie zu einem künstlerischen Abend ein, der alle Sinne anspricht: Auf den Spuren französischer Literatur, Musik und Malerei des 19. und frühen 20. Jahrhunderts werden wir Sprache, Klänge und Bilder zur Darstellung und zu Gehör bringen, die Formen ihrer Wechselbeziehungen analysieren und interpretieren und die Wirkungen ihres Zusammenspiels genießen.

Unsere künstlerische Reise führt uns u.a. von Charles Baudelaire über César Franck und Claude Monet zu Marcel Proust, von Gabriel Fauré über Pierre Bonnard zu Claude Debussy.

Vortrag: Gérard Gengembre (Caen)

Sopran: Julia Henning (Lüneburg) | Violine: Julia von Rosen (Hamburg) | Klavier: Ute Jacobi (Lüneburg)

Der Vortrag findet in französischer Sprache statt und wird auf Deutsch zusammengefasst.

In der Pause laden wir Sie ein zum traditionellen ‘verre de l’amitié’.
Um Spenden wird gebeten.
Anmeldung bitte bis Donnerstag, 28.09.2017

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Cluny Lectures: Compte rendu da la 4e rencontre

Le groupe de lecture de Cluny s’est réuni pour la quatrième fois cette année pour parler de deux premiers romans abordant plus des aspects de l’Église catholique que la foi. L’action de Lucie ou la vocation prend place dans un couvent de l’époque contemporaine ; Possédées apporte un éclairage politique à des événements historiques du 17e siècle. Ralf Böckmann nous a largement fait profiter de ses connaissances d’historien pour mieux comprendre le contexte de l’époque. Les deux intervenantes étaient Ulla Eckford-Jones pour Lucie ou la vocation et Marietta Schulz pour Possédées (cf. les comptes-rendus de lecture ci-dessous).

Notre prochaine rencontre aura lieu le 13 juin chez Irène Drexel-Andrieu. Gisela Maibaum-Busecke a proposé de présenter Algèbre de Yan Pradeau (2016, Allia) et Fried Normann nous parlera de Un marin chilien de Agnès Mathieu-Daudé (2016, Gallimard). Nous prendrons ensuite nos « grandes vacances » en juillet et août et nous retrouverons en septembre pour examiner le reste de notre sélection de 2017.


Lucie ou la vocation, Maelle Guillaud, roman, 2016, Héloïse d’Ormesson

Ma première pensée fut « Mon Dieu, je ne suis pas croyante ni personne dans ma famille non plus ! » Mais quand j’ai commencé à le lire, j’ai trouvé ce livre fascinant et je l’ai lu comme un polar. Lucie ou la vocation est un roman passionnant et très bien écrit, ce qui n’est pas étonnant quand on apprend que l’auteure est éditrice.

Le thème du livre n’est guère la religion. Il commence en nous présentant la compétition entre étudiants et dans le monde du travail, telle qu’elle est un peu partout dans le monde de notre époque. Le harcèlement existe non seulement à l’école et au travail mais aussi au couvent comme Maelle Guillaud nous en informe. Quand Lucie est encore étudiante, sa grand-mère lui dit : « Ce n’est pas humain ce qu’ils vous demandent ». Lucie se tourne alors vers le divin. Comme beaucoup de jeunes gens, elle cherche quelque chose d’autre, la paix et le silence qu’elle espère trouver au couvent. Après avoir rejoint les sœurs, Lucie explique à sa meilleure amie, Juliette, qu’elle a trouvé un sens à sa vie. En khâgne, elle avait fait la connaissance de Mathilde qui lui avait montré le chemin du couvent. Les deux jeunes filles se retrouvent effectivement au couvent, mais là, Mathilde s’occupe seulement de sa propre carrière et ignore Lucie. Le seul soutien de Lucie au monastère semble être le père Simon, un ami d’enfance de son père décédé.

La vie au couvent n’est pas du tout ce que Lucie avait espéré. La moindre désobéissance est sanctionnée par des punitions sévères. La mère supérieure est une intrigante et fait régner une atmosphère de peur, aidée de son chien méchant, un doberman. A la fin du livre, on découvre que la prieure est malhonnête : elle a détourné de l’argent de la congrégation pour s’acheter un appartement où elle veut passer ses dernières années. Mathilde sera chassée du couvent à cause de ses intrigues. Lucie est choquée, elle pense à quitter le voile, elle a perdu la foi. C’est alors que le père Simon lui annonce que, sur sa recommandation, le nonce veut la nommer prieure. Lucie est bouleversée, que doit-elle choisir ? Elle ne sait rien faire puisqu’elle n’a pas terminé ses études, comment pourra-elle se débrouiller dans la vie civile ? Elle peut compter sur le soutien de Juliette et de sa mère mais elle doute que cela suffise. A la fin du roman, on comprend que Lucie a retrouvé ses ambitions d’autrefois, la position de prieure la tente.

Certains aspects de la vie cloîtrée semblent difficiles à croire, mais Maelle Guillaud nous apprend que son roman est basé sur l’expérience de l’une de ses proches. Le rôle du père Simon est équivoque. Que cherche-t-il vraiment ? Aider Lucie ou avoir de bonnes relations avec le nonce ? Comme toujours dans la vie, il faut avoir de bonnes relations, du piston pour avancer plus vite et plus facilement. Intra-muros ou extra-muros, l’échelle de carrière est la même !


Possédées, Frédéric Gros, roman, 2016, Albin Michel

L’auteur, Frédéric Gros, est né en 1965. Il est professeur de pensée politique à l’Institut d’études politiques de Paris et aussi à l’Université Paris-Est-Créteil-Val de Marne. Il est essayiste, philosophe et a déjà publié plusieurs livres dans sa spécialité.

Possédées est son premier roman, roman historique basé sur des événements authentiques qui ont inspiré au cours des siècles aussi bien des historiens que des cinéastes et des écrivains. L’action se déroule au début du 17e siècle, sous le règne de Louis XIII et de Richelieu, donc aux temps des guerres de religion.

Loudun, ville située dans le Poitou, ville forte abritant autant de catholiques que de huguenots, constitue le principal décor de l’action. Jeanne des Anges, mère supérieure du couvent des ursulines, montre tout d’un coup des signes de folie et se dit possédée par le diable. Son corps se tord en convulsions extrêmes, elle hurle et professe des insultes, des blasphèmes. Elle écarte les jambes, caresse ses seins, gémit en susurrant des mots sexuels. Bientôt, les sœurs du couvent suivent son exemple et se disent aussi possédées par le diable. Le coupable de tous ces phénomènes est vite trouvé : Urbain Grandier, curé catholique de la ville mais qui entretient de bonnes relations avec les huguenots, jeune, beau, intelligent, séduisant, qui aime les femmes et s’est déclaré ouvertement adversaire du célibat en le manifestant dans un essai. C’est le bouc- émissaire idéal. Autour de cette possession diabolique se trament des complots politiques et des querelles personnelles.

L’auteur a essayé de créer un équilibre entre la dimension historique et celle du romanesque. En lisant ce roman, le lecteur ne peut que se poser la question de savoir s’il s’agit d’une pure comédie ou d’une psychose collective qui met toute une société en danger. Et surtout il est intéressant de voir combien un tel délire est instrumentalisé par la politique.

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